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27 janvier 2019 7 27 /01 /janvier /2019 22:45
Le vieux canal

Le vieux canal

 

Le vieux canal sous les peupliers se coulait calme

Il batifolait dans la verdure de la belle campagne

Reliait la Marne au Rhin passant par la champagne

Sur ses rives les péniches,  de la foule il empalme

¤

Le jour   encore couché au repos réparateur de la nuit

Les péniches de bois à l’ancre postée déjà   éveillées

S’attelaient prestement à l’humain,  au cheval de trait  apprêté

Pour se glisser silencieusement vers la prochaine écluse sans bruit

¤

Le bon  bourrin  habitué était fier, port altier pour tirer

Le cordage râblé qui débonnaire se  raidissait autoritaire

Se débandait  en secousses  qui cinglaient  l’eau  amère

Mais Il escortait ces vicissitudes avec grande  lucidité

¤

Au prochain relais d’un nouveau bief l’homme solitaire

Changerait de  bête rompue,  pour obligé la faire reposer

Et tout deux se coucheraient pressés ;  squelette dépenaillé

Dans la vaste écurie à la volonté d’une énergie salutaire

¤

Ils ne savaient reconnaître  aucune abrasive souffrance

Et le temps manquait toujours à la malingre  doléance

Le repos était bref car la péniche pénitente  en instance

De son bon guide attendait son  retour d’abstinence

¤

La modernité a chassé austère  le vieux cheval de trait

L’a remplacé indifférent par les  forts chevaux d’acier

Et le vert tracteur carré s’est déplacé sur le rail aisé

Du petit matin au grand soir sans jamais  se reposer

¤

Le machiniste unijambiste le nourrissait  au matin

De son cordon ombilical l’abreuvait  d’électricité

Qu’il lui tendait  d’un bon sur sa jambe rescapée

Pour l’accrocher là haut, sur son conducteur filin

¤

La machine sans scrupule de sa force phénoménale

Amarrait à son poste plusieurs péniches alignées

Quand la bonne mère électricité son cordon relâchait

La manœuvre échappait aux lois du contrôle banal.

¤

La machine hautaine passait au plus prés du relais

Il ne restait plus qu’une vielle bâtisse malsaine

Les yeux fermés sur le futur des bateliers en peine

Ils ne s’arrêteraient plus le temps d’in petit café serré

¤

Dans cette vielle écurie délabrée c’est là que je suis né

Sur la couche de l’agresse, dans son ventre grotesque

Les yeux ouverts en  prières à la cathédrale gigantesque

Implorant mon thème astral de prédire ma fuite assurée.

 

Ce fut un hier  qui s’est laissé écorche  d’un demain

Sans bien comprendre que son aujourd’hui fut dilapidé

Par  cette modernité qui au plus jamais ne le redorerait

Alors le vieux canal de son courant pleure le fiel du destin

ÿƒC

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  • : Bouquet de poésies
  • : l'histoire d'une vie de poète au jour le jour, tout est instant de poésie, le passé de ma jeunesse en Lorraine , celui vécu pendant 30 ans vécu sur l'ile de la Réunion , mais plus encore la vie amoureuse c'est quoi? tout autant le ce qu'ont été, ce que sont, ce que seront mes pensées, mes joies, mes inquiétudes mes désirs ; le monde d'hier, le monde d'aujourd'hui , le monde de demain
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