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13 août 2018 1 13 /08 /août /2018 20:59
Les billes

Les billes

 

Les billes rondes de terre cuite

Multicolores en paquet se serrent

Au fond lourd d’un petit sac vert

Entassé au pendant d’une vile  fuite

¤

La cloche tinte les  cinq coups

Ceux de la sortie pressée de l’école

Ils libèrent les jeunes qui désolent

Chenapan ; Les  mères bises sur la  joue

¤

Les enfants impatients courent pressés

Vers la grand’place des marronniers

Jettent leur cartable sur le sol  trop muet

Ils en extirper des billes traumatisées

¤

Ce soir  combien participent?  Une dizaine !

Ils rivaliseront d’adresse, billes en ligne

Chacun trace un beau trait rectiligne

Nombre de billes en jeux ce soir dondaine

 Pour chacun la centaine

¤

Un soulier pointu  griffe le sol frais

Une ligne se dessine  et sera l’enjeu

Quand chacun tentera  franc jeu

De s’en rapprocher au plus prés

¤

Le plus près sera le premier et ainsi

Les autres  suivront jusqu’au dernier

Tu triches crie t’on avec grand intérêt

Recule derrière la ligne  qui est  voici

¤

Dans cette cathédrale chacun dans sa prière

Retient son souffle quand celui-ci prend le calot

Immense bille de verre multicolore au joli halo

Elle cognera sans pitié la petite bille  qui se terre

¤

Le calot virevolte, saute, évite les bosses

Visage soucieux, cœur battant, paupières closes

Le calot suit parallèle les billes et vif ose

Il en dépasse  deux, trois, quatre cent, trop rosse

¤

Soudain loin là bas pauvre bille de terre : elle éclate

Tous les visages sont tristes, plus de billes,  Si

Cinq restent sur le carreau, à quoi bon c’est fini

Chacun  repartira poche vide que l’instant frelate.

 

Il en est un qui csa joie son bonheur ; Riche

D’un tas de billes, crésus du jeu, pauvre  moral

Sa mère l’attend fâchée de son retard  anormal

Il encaissera les coups de ceinture sans fétiche

¤

Demain au jour nouveau il recommencera

Sensations trop fortes, puissance du meilleur

La punition pénible sera comme une gageure

Atténuer les morsures ingrates sans fracas

 

C’était tout l’honneur du joueur de bille

ƒC

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12 août 2018 7 12 /08 /août /2018 18:06
Le blockauss

Le blockhaus

 

Le blockhaus  jouxtant les lustres du Léomont

A la côte trois cent vingt, vigilant, ténu  surveille

Sa proie comme une vipère empressée à  l’éveil

Pour protéger la vallée d’un repos pris à foison

¤

On serpente lent à travers l’énigmatique forêt

Le chant des oiseaux gais nous accompagne

Mélodie, notes ouatées vers la rase campagne

Pour guider posté notre sifflotement trop inquiet

¤

Sorti de la gueule déboisée de la haute futaie

On aperçoit terré là,  l’invincible bloc de béton

Il nous guette à sa meurtrière usée, viril poltron

Engoncé dans son foulard de verdure feutrée

¤

On éventre pensif la toute  puissante forteresse

Ses larges murs  impénétrables nous  accusent

De les déranger dans leur silence ; Quelle ruse!

Leur peine! Ce tonnerre; Porte d’acier qui agresse

¤

Les puissants  murs coulés ont gardé prisonniers

Les parfums âcres des béantes blessures d’hier

Quand les éclats mortels des puants canons fiers

Déversaient mille feux sur la casemate terrassée

¤

Il protégeait austère la vie incertaine du bon soldat

Qui terrifié s’en remettait servile au feu de sa force

Rejetant  les intrus, d’un enfer minant son écorce

O  non! Jamais non jamais le recul d’un seul pas!

¤

Des bruits sinistres s’élevaient plaintifs du sous sol

Vide comme un écho torturé dans  la pure violence

Des souffrances, aux  mortels  cris  de l’espérance

Appels priants  aux Dieux sourds qui vous désolent

¤

Il assiste attendri et incapable les regards du remord

Et les peupliers déchirés  témoignent et  se pansent

Armée statique dont l’ennemi tranche abject la panse

Quand leur sève visqueuse les  débranche sur  la mort

¤

Enfant ingrat,  on se crie sans vergogne, on se joue

A la guerre; Se bouche ignare les oreilles du respect

A ce  souvenir enfoui là : O gueux !  Sous  vos  pieds

Laissez nous au silence! O blockhaus! Joue contre joue!

¤

Les enfants sont repartis, l’ont laissé sage ce solitaire

Paisible armure  étreignant son fond de terre qui  servile

Le baigne complice dans  la sérénité du temps d’asile

Couché sur les âmes austères dans leur vil passé amère.

ƒC

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30 septembre 2016 5 30 /09 /septembre /2016 14:02
Ô Réunion

 

 

Oh Réunion, loin, loin de toi

Mes yeux  en prière entonnent

Un Sega suave, nostalgique il fusionne

Sur mon esprit attentif, il se déploie

 

Au quotidien Je te pense, je te pense

Écrin élogieux  au fond de mon âme

Tes images riches de passion  se pâment

D’un cliché insoupçonnable sur ma transe

 

Et là,   défilent tous mes  amis réunionnais

Pour me révéler attendri, ces visages aimés

Perdus dans le spleen  des amitiés du passé

Cousues sur nos joutes fléchant les pauvretés

 

Mes yeux tapinent tes plages colorées

Pour humer  tes parfums doucereux

Goûter le fruité de  tes letchis  savoureux

En courant malicieux sur tes  flancs dentelés.

☼ŦC

 

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 12:16
Elle goûtera ^laosor

Il était venu la voir

Avait tiré de sa poche

Une pièce mouillée

L'avait dépliée

L'avait pesée

L'avait regardée

Sur le grand lit

L'avait déposée

 

Il l'avait admiré

De ses lèvres fraiches

L'avait humectée

A nouveau l'avait fixé

Pour ne point se tromper

Cela l'excitait

De pouvoir....

 

Il voulait la réchauffée

Pour bien la dresser

Dans ses mains  d'orfèvre

Mais pourquoi?

Dans sa  chambre

Cette trouée

Trop mal rangée

Qui laissait dépasser

Des pieds mal chaussés

Mais où était-elle?

Mais pourquoi la chercher?

Certes il repasserait

Son temps lui était compté

 

II n'avait qu'une idée

La remettre en place

Et de ce bien  se décider

Pour rattraper le temps

Qu'il escomptait

Prendre sur la  belle

Pour satisfaire

Cette  noble   invitée

S'échapperait-elle?

Mais il la servirait

Pour bien lui montrer

Tout cet intérêt

Qu'il lui portait

 

Faut-il, se dit-il

Je la câlinerait

De mes doigts douillets

Jusqu'à l'hure

Où elle goutera plaisir

De  ces heures qui passent

Dans le silence du bonheur

Mais enfin!

 

Qu'ai-je  encore à penser

Se disait-il

Je me vais la préparer

Je me vais l'essayer

Je me vais la bouger

Je me vais la retourner

Je me vais la plier

fut-elle centenaire

fut-elle ordinaire

Fut-elle à refaire

fut-elle à distraire

fut-elle sans horaire

La belle locataire

La vieille

l'ancienne

La belle horloge

De mes grands parents

☼ŦC

 

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 15:47
Mon secret

Il est nuit , tout est noir dans ce noir

Mais j'entends sur le toit chuchoter

Serai-ce un ange qui garde mon secret

Pour ne point le révéler à mon miroir

 

J'entends un bruit à ma fenêtre

Serai-ce un vil cambrioleur

Ou d'un dernier venu à l'heure

Où rêves,  mes yeux  interprètent

 

Pourrais-je enfin retrouver ma nuit

Quand une voix sur mon miroir

Appelle ma raison à son bonsoir

D'un clin d'œil qui furtif s'enfuit

 

Elle se faufile entre les volets

S'assoit sur le duvet de mon lit

Et mon secret soudain s'enfuit

Il n'aime pas ce qui n'est désiré

 

Mais la voix revient, revient

Elle se promène sur ma joue

Intense parler, là  elle rejoue

- Je sais tu m'appelle prés des mens

 

Intrigué j'ouvre grand les yeux

Mais où veut-elle s'en aller

Elle glisse sous la porte  fermée

Incroyable ballet,  je fais un vœux

 

Elle m'entraine vers la fenêtre

j'ouvre les volets avec légèreté

Soudain elle m'embrasse  aisée

Me rappelle que je l'ai délaissée

 

Alors on se regarde vieux amants

Qui se racontent  maux de leur vie

Aussi je lui offre pensées infinies

De ceux qui m'ont laissé sans plan

 

Elle m'évoque  notre secret

Venir leurs parler chaque soir

Pour offrir à mon moral l'espoir

De demain   aux jours étoilés

 

Notre conversation terminée

Dernier regard chevalier

Pour lui tendre petit baiser

Je referme au mieux  les volets

Je caresse la soie de mon lit paré

Et je reprends mes chemins rêvés

☼ŦC

 

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22 juillet 2014 2 22 /07 /juillet /2014 13:17
Mon souvenir

Mon souvenir  s'est levé ce matin

Il me demande de l'accompagner

Au troquet où hier on prenait le café

Quand l'amour jouait avec mon destin

 

On est revenu au tendre parc fleuri

Dans ce petit coin touffu  de mes secrets

Où l' on avait caché nos premiers baisers

Comme un trésor  dans nos âmes,  enfoui

 

Ensemble on chantait les bonheurs

On dansait des valses oubliées

On riait des farce fait à mon passé

Quand mes désirs jouaient avec le soleil rieur

 

On a traversé le temps trop vite perdu

Pour un instant nos corps là les reposer

Dans le silence d'une solitude aisée

Et venir  retrouver une vigueur ténue

 

Devant une vielle prote cochère

On a perçu quelques pas restés là

Dans l'espoir de recouvrer son toit

Que l'amour  avait abandonné sévère

 

Dans le grand parc du repos éternel

Il m'a laissé entrevoir sépulture

De cet amour mort sous le mur

D'une intolérance artificielle

 

II a voulu alors me quitter discret

Mais je l'ai conduit sur l'horizon

Du visage  d'un futur par trop mignon

Où la vie engendre toujours nouveautés

 

On s'est alors quitté heureux

De s'être raconter notre  vie

comme de très bons amis

qui respirent chaque jour  unis

Le fumet  d'un air chaleureux

☼ŦC

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Présentation

  • : Bouquet de poésies
  • : l'histoire d'une vie de poète au jour le jour, tout est instant de poésie, le passé de ma jeunesse en Lorraine , celui vécu pendant 30 ans vécu sur l'ile de la Réunion , mais plus encore la vie amoureuse c'est quoi? tout autant le ce qu'ont été, ce que sont, ce que seront mes pensées, mes joies, mes inquiétudes mes désirs ; le monde d'hier, le monde d'aujourd'hui , le monde de demain
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